Sitavirus Pandémie.

22 juillet 2010

De l'évolution dans les religions

 

 Extrait:

 

« dans l’islam le donné de foi est un Livre incréé descendu du ciel, le prophète n’en étant que le récepteur passif (c’est pourquoi la tradition le présente comme analphabète), le champ de l’interprétation se trouve limitée aux silences du texte sacré. Ces silences vont être progressivement comblés par les paroles (hadith) attribuées au prophète et à ses compagnons. L’ensemble « Coran plus hadith » fondera la tradition (sunna) et le droit (fiqh) d’où découlera la loi musulmane (charia). Ce travail d’interprétation sera terminé au 10ème siècle où le calife al Hakem déclarera fermées les portes de l’ijtihad (c’est-à-dire de l’interprétation).
A partir de cet instant, le monde islamique s’endort dans une culture de répétition, légitimée de surcroît par un sentiment de supériorité. Il ne sera tiré de cette léthargie que par le choc de la modernité occidentale au 19ème siècle. Face à ce choc, la nécessité au plan religieux d’une ré-affirmation identitaire va susciter, comme il était prévisible, un retour aux sources. Or, les marges de jeu pour ré-interpréter le texte sacré étant très faibles, ce retour aux sources a de grandes chances de prendre la forme d’une application littérale de la tradition dans les modalités qui étaient les siennes au temps du prophète. Nous avons là l’inspiration du discours islamiste et aussi sa force de séduction auprès de beaucoup de musulmans sincères.
Naturellement, on peut rêver à une autre réponse, celle d’une « ré-ouverture de l’ijtihad » où l’on soumettrait le donné de foi au feu roulant d’une interprétation moderne. On a vu l’extrême difficulté d’un tel programme, compte tenu du statut donné au texte sacré. Certains intellectuels musulmans vivant en Occident s’y essayent néanmoins, non sans grands soupçons de la part des islamistes mais également des institutions officielles de l’islam. L’un d’entre eux, le professeur Mohammed Arkoun, sans perdre pour autant espoir en est venu au constat désenchanté suivant [Arkoun, 1995] : »Pour l’instant, c’est à dire dans l’islam actuel, il n’est pratiquement pas possible d’ouvrir un débat de critique historique, ni même un débat herméneutique sur le Coran lui-même…Le recours à la lecture historienne critique ou l’interrogation anthropologique sont impensables…Ainsi, l’ouverture du vaste chantier de la formation historique et de l’authenticité des corpus officiels….et à fortiori du Coran, demeure un tabou absolu. »
page 7  Source  / 
http://afscet.asso.fr/resSystemica/Crete02/Donnadiu%20Rel..pdf

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